Filippo GATTI : Modéliser un scénario sismique à grande échelle et quantifier les incertitudes

portraitfilippogattiFilippo pose ses valises à Paris en juin 2014 pour démarrer sa thèse à CentraleSupélec dans le cadre du projet SINAPS@. Objectif : modéliser un scénario sismique continu (de la faille à la structure) du séisme de Niigata-Chuetsu-Oki du 16 juillet 2007 sur la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki Kariwa (la plus grande centrale nucléaire du monde).

Cet italien, originaire de Treviglio non loin de Milan, n’en est pas à sa première expérience hors de ses frontières : au cours de son cursus d’ingénieur en génie civil et géotechnique au Politecnico di Milano, il s’expatrie en Suède pour une année ERASMUS à l’université de Luleå, puis en Grèce à l’université de Thessalonique. C’est d’ailleurs cette ouverture sur le monde qu’il apprécie particulièrement dans la recherche.

Sa spécialité, la simulation numérique en dynamique de sol non-linéaire. Avec sa thèse au sein du projet SINAPS@, il élargit son domaine de modélisation en travaillant sur un modèle grande échelle, continu de la faille à la structure avec le code Sem3D sur le cas particulier de la centrale japonaise de Kashiwazaki-Kariwa. Les trois points clés de sa thèse sont l’identification du processus de failles qui a généré le séisme, la caractérisation des structures géologiques de la zone d’intérêt et la modélisation des effets mécaniques non linéaires induits par le séisme dans les géomatériaux impliqués. Le but est de reproduire un scenario réaliste (modèle numérique 3D, comprenant faille sismique, milieu de propagation et conditions géologiques superficielles locales) et d’en déduire des considérations sur la sécurité sismique des centrales nucléaires contre les séismes de grande intensité. L’intérêt du site japonais très instrumenté est de pouvoir comparer les simulations aux données expérimentales et ainsi caler le modèles, quantifier les incertitudes et les marges. Ces modèles pourront ensuite être développés pour des sites ne disposant pas ou peu de données de mouvements forts.

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Figure 1 : Étapes nécessaires à l’élaboration d’un scénario sismique: a) identification du processus de failles, b) caractérisation du modèle géologique c) propagation des ondes

La thèse de Filippo est en cotutelle, c’est à dire rattachée à 2 organismes : CentraleSupélec et Politecnico di Milano. Filippo apprécie ces deux visions, cette possibilité de travailler dans deux environnements avec des chercheurs français, italiens…et de biens d’autres nationalités ! Car Filippo l’a montré par son cursus, il aime voyager, connaître, partager différentes cultures. Et sa capacité à apprendre le français en un temps record en est un bel exemple ! Côté boulot, Filippo apprécie le haut niveau théorique proposé à CentraleSupélec et saisit toutes les occasions pour transmettre à son tour des connaissances : TD en Italie, TP à Paris…et même aux Houches pour la formation SINAPS@ « Risque sismique de la faille aux ouvrages » où il a réalisé 2 TD.

Mais il a aussi conscience des revers du métier de chercheur : métier passion – métier chronophage ! Et avec ces nombreux autres centres d’intérêts, théâtre, cinéma d’auteurs, course, randonnées, difficile de trouver le temps de tout faire…

Après sa thèse, Filippo ne prévoit pas de retourner en Italie, « trop peu de postes dans la recherche ». Alors pourquoi pas rester à Paris ou sortir d’Europe pour une autre expérience à l’étranger.

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